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Sélection albums : Jean Sibelius, Mulgrew Miller, Lescop, Tom Poisson, Koba LaD et Zola, Demi Portion, Eda Diaz

  • Jean Sibelius
    Symphonie n° 4, La Nymphe des bois, Valse triste

    Orchestre symphonique de Göteborg, Santtu-Matias Rouvali (direction).

Dans le corpus des sept symphonies de Jean Sibelius (1865-1957), la Symphonie n° 4 occupe une place particulière. Beaucoup pensaient, lors de sa création à Helsinki, en 1911, qu’elle témoignait d’une extinction de la flamme du compositeur. Santtu-Matias Rouvali y perçoit, au contraire, l’énergie d’un nouveau souffle, venu des profondeurs humaines pour s’élever dans des sphères quasiment cosmiques. Rigoureux sans verser dans l’austérité d’un Paavo Berglund, inspiré sans aller jusqu’au lyrisme d’un Leif Segerstam, le chef finlandais de 38 ans se démarque de ses illustres aînés, en préservant, de mystères en mirages, le caractère énigmatique de l’œuvre, et signe une version d’anthologie à la tête d’un orchestre qui, depuis des décennies, constitue une phalange de référence pour le répertoire sibélien. Un même sentiment d’aboutissement sans égal se dégage des deux autres pages de ce programme exaltant. Pierre Gervasoni

Alpha Classics/Outhere Music.

  • Mulgrew Miller
    Solo in Barcelona
Pochette de l’album « Solo in Barcelona », de Mulgrew Miller.

Deuxième album en solo du pianiste aux 453 enregistrements, Mulgrew Miller (1955-2013) : un concert enregistré à Barcelone, le 2 février 2004. Phrasé, sens de la mélodie, swing éblouissant, tout le génie du pianiste qui s’évaluait lui-même comme un « artiste significatif », tout y est. Mulgrew Miller, sous-estimé de son vivant malgré une présence essentielle aux côtés des géants de son temps (Art Blakey, Tony Williams, Roy Hargrove ou en duo avec Kenny Barron), prend sa juste place depuis sa mort, il y a dix ans déjà. Mémoire personnelle du jazz, il n’avait publié qu’un album en solo, judicieusement enregistré au festival Jazz en tête (Clermont-Ferrand) par un découvreur entêté, Xavier Felgeyrolles (Solo, Space Time Records, 2010). Il a la délicatesse de vivifier des standards (Misty, Milestones) et des compositions saisissantes, avec luxe de références et de citations à peine glissées déjà intégrées, dont on croirait qu’elles sont gravées demain. Pour pianistes et grands débutants. Francis Marmande

Storyville/UVM Distribution.

Pochette de l’album « Rêve parti », de Lescop.

Rêve parti, titre à double sens (rave-party) de ce troisième album de Mathieu Peudupin, alias Lescop, sonne comme un réveil d’après rupture. Après la déception commerciale de son deuxième album, Echo (2016), l’ancien chanteur du groupe Asyl (1995-2011) était ainsi revenu à ses premières amours post-punk avec l’entraînant quintette Serpent. Revoilà l’auteur des inusables La Forêt et La Nuit américaine, désormais épaulé par l’arrangeur et producteur Thibault Frisoni (Bertrand Belin), successeur de Johnny Hostile (Jehnny Beth), qui avait cosigné les précédents opus. Après une entrée en matière synthétique moite (Les Garçons), une lumière s’immisce progressivement dans les interstices de cette new wave, notamment par des présences féminines sur trois duos, avec Izia (La Plupart du temps), Halo Maud (La Femme papillon) et Laura Cahen (Effrayé par la nuit). Le ténébreux chanteur de cold wave à la française a particulièrement policé ses mélodies sur Radio, Le Jeu et Exotica, équilibre subtil entre Pop Satori (1986), de Daho, et le New Order des « lundis bleus » (Blue Monday, 1983). Franck Colombani

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