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Paris 2024 : dans l’ombre de Kevin Mayer, le décathlonien Makenson Gletty vise lui aussi les Jeux

Dans une grimace, Makenson Gletty masse doucement ses muscles ankylosés. A travaux surhumains, « courbatures terribles ». Le Haut-Savoyard court, saute, lance et s’élance dans les airs. Début mars, il a terminéà une prometteuse cinquième place à l’heptathlon des championnats du monde d’athlétisme en salle de Glasgow (Ecosse). « D’habitude je ne fais pas d’interview directement après, plutôt des bains froids », s’amuse l’intéressé, laissant apparaître ses dents du bonheur sous un large sourire.

D’habitude, il y a surtout peu d’interviews. Le champion de France du décathlon, âgé de 25 ans, est loin de l’aura médiatique de son compatriote Kevin Mayer, recordman du monde de la discipline. « J’entretiens le mystère, plaisante Gletty. Mais ça me joue des tours : je boucle tout juste mes frais de saison et je ne m’autorise aucun extra. C’est un sport individuel chronophage qui ne capte pas beaucoup de revenus et c’est dur d’exercer une activité à côté. Heureusement que mon club, la police nationale et la fédération m’apportent leur soutien. »

L’athlète n’en est pourtant pas à son premier coup d’éclat. En septembre 2023, il est devenu le sixième meilleur performeur français de l’histoire après avoir réalisé 8 443 points lors du meeting de Talence (Gironde). « J’avais manqué de peu les Mondiaux de Budapest [en août de la même année] et je voulais montrer que j’avais ma place parmi les meilleurs. Je ne marche qu’aux piques : il faut me rouler dessus pour que je me réveille. » Cette performance de premier plan lui a assuré « à 96 % » une qualification aux Jeux olympiques de Paris 2024, en lui permettant de grappiller de précieuses places au classement de World Athletics, la fédération internationale (il est actuellement 15e).

Avec Mayer, « on est un peu les contraires »

Clin d’œil de l’histoire, c’était aussi à Talence que, le 16 septembre 2018, Kevin Mayer avait effacé des tablettes la marque de l’Américain Ashton Eaton, avec un score de 9 126 points. Ici s’arrête toutefois la comparaison. « On s’entend bien mais on est un peu les contraires : dans un décathlon, dans la communication, dans nos objectifs… Je ne pâtis pas de son ombre, je me vois plus comme un successeur », expose le Savoyard.

Les deux combinards évoluent aux antipodes jusque dans leurs stratégies. Si Makenson Gletty a misé sur le ranking pour se qualifier aux JO – multipliant les sorties en compétition cet hiver –, le Montpelliérain a pris la tangente, préférant assurer sa qualification en une fois. Pour ce faire, il devra réaliser les minima olympiques, fixés à 8 460 points, avant le 30 juin. Le vice-champion olympique a l’habitude de jouer avec le feu : en 2012, il avait validé son billet pour Londres trois semaines seulement avant la cérémonie d’ouverture. Reste que sa tentative avortée, en mars, aux Etats-Unis, a ravivé le doute sur sa présence à Paris cet été.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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