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Paris 2024 : éclairer les Jeux sans éblouir les athlètes, la tâche olympique de l’entreprise SLX

L’essentiel devait être prêt pour les événements tests de natation artistique, plongeon et water-polo début mai au centre aquatique olympique (CAO), à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Une véritable course contre-la-montre pour la vingtaine de techniciens de SLX chargés de fixer au plafond de la piscine les rails d’éclairage supportant quelque 250 puissants projecteurs disséminés autour du bassin de 70 mètres. Un test grandeur nature également pour l’entreprise britannique, sponsor officiel de Paris 2024, qui va fournir, pendant les Jeux olympiques et paralympiques, les systèmes d’éclairage d’une vingtaine de sites de compétition, parmi lesquels le CAO, le Stade de France, le village olympique, en Seine-Saint-Denis, ou encore Arena Paris la Défense à Nanterre (Hauts-de-Seine).

SLX a testé pendant plusieurs semaines les 2 500 projecteurs LED installés sur plus de cinq kilomètres de gréements métalliques. Avec un impératif : offrir un éclairage optimal pour la meilleure qualité d’image possible. Et la chose n’est pas toujours aisée. Au CAO, il a fallu composer avec l’architecture concave du toit. Trouver des solutions sur mesure pour ne pas éblouir les plongeurs dans leurs multiples rotations, gommer les reflets avec l’eau, l’ennemi numéro un des nageurs. « On a dû faire avec pas mal de contraintes », souffle Russell Payne, le directeur général de SLX, habitué à des sites offrant davantage de libertés techniques.

Le stade de BMX de Saint-Quentin-en-Yvelines a également donné du fil à retordre à ses équipes. Là aussi en raison du toit, relativement bas. « Vous ne savez jamais où les cyclistes vont sauter, où et comment ils se situent dans l’espace. Pas question qu’ils soient éblouis pendant les sauts. » D’où le recours à un éclairage de faible puissance tout le long du parcours acrobatique. Les derniers réglages se feront à quelques jours des épreuves.

Comme le BMX, les sports modernes tels que le skateboard ou le breaking sont parmi les plus difficiles à éclairer aux normes olympiques – le niveau le plus contraignant –, en l’absence de tradition et d’expertise solidement établies.

Les techniciens de SLX préparent, dans leur atelier de Stains (Seine-Saint-Denis), les supports sur lesquels seront installés les systèmes d’éclairage des sites olympiques, à quelques semaines du début des Jeux.

L’éclairage ne doit pas seulement s’adapter aux sites de compétition, mais aussi aux contraintes de chaque sport, explique SLX. Pour le tennis de table, l’ombre du filet ne doit ainsi jamais apparaître sur la table. Un défi technique : « On recourt à une lumière très diffuse qui couvre tous les angles, de sorte que l’ombre, si elle est toujours présente, est imperceptible à l’œil nu. » Idem pour le badminton, qui oblige les équipes de Russell Payne à redoubler d’ingéniosité, avec un éclairage, là aussi diffus, en bord de terrain.

S’adapter en permanence

L’équation complexe de l’éclairage sportif doit également composer avec les exigences tout aussi complexes d’Olympic Broadcasting Services (OBS), le service de radiodiffusion du Comité international olympique. Un équilibre pas toujours simple à trouver entre les besoins pour la retransmission audiovisuelle et l’équité sportive. Les compétitions doivent être éclairées avec la même chaleur de lumière pour l’homogénéité du spectacle proposé.

Tout est dicté par le cahier des charges d’OBS. Russell Payne cite en exemple un document de 170 pages remplis de schémas d’optique détaillant, pour le Stade de France, l’emplacement et le faisceau lumineux de chaque système d’éclairage. « Et vous avez ce genre de document pour chacun des sites que l’on gère. »

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Les progrès de la retransmission audiovisuelle obligent à s’adapter en permanence. Les caméras filment de plus en plus vite, les ralentis sont de plus en plus nets, la résolution de l’image est en train de basculer de la 4K vers la 8K. L’éclairage n’a d’autre choix que d’innover pour suivre les différents bonds technologiques.

Les équipes de SLX procèdent à des tests de luminosité du bassin olympique du CAO, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), quelques semaines avant le début des Jeux.

Seules trois ou quatre entreprises spécialisées dans le monde peuvent répondre aux standards imposés par le Comité international olympique : le groupe GL events, associé à l’américain Musco, s’occupera de l’éclairage des sites olympiques dans Paris intra-muros (Grand Palais, Bercy, Arena Porte de La Chapelle, etc.).

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SLX n’en est pas à son coup d’essai dans le sport, l’entreprise a fait ses armes aux Jeux du Commonwealth de 2022, à Birmingham. Mais les Jeux olympiques, c’est le must ! Et ceux de Paris représentent une occasion unique pour la société de Bristol, créée en 1983 et qui emploie 50 personnes – auxquels s’ajoutent 150 techniciens recrutés le temps des Jeux, dont un tiers de Français –, de s’imposer comme l’un des leaders mondiaux de l’éclairage sportif. L’enjeu n’impressionne pas le directeur général de SLX, à l’humour très britannique : « Dans un stade, la lumière est quelque chose à laquelle personne ne fait attention… jusqu’à ce que ça ne fonctionne plus. »

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