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« Sunny », sur Apple TV+ : Rashida Jones et le robot domestique qui en savait trop

APPLE TV + – À LA DEMANDE – MINISÉRIE

Après On the Rocks, le film de Sofia Coppola sorti directement sur la plate-forme, en 2020, Apple TV+ poursuit avec Sunny sa collaboration avec le très branché studio A24. On y retrouve d’ailleurs Rashida Jones, dans un rôle dont l’histoire, au début, est assez proche. La série commence alors que Suzie, une Américaine expatriée à Kyoto, vient de perdre son mari et son petit garçon dans un accident d’avion dont les circonstances ne seront jamais précisées. Tout juste sait-on que leurs corps ne sont toujours pas retrouvés, plusieurs jours après le crash.

En attendant confirmation de la terrible nouvelle, Suzie se replie dans sa maison, désormais vide et silencieuse, et tente de tenir à distance son encombrante belle-mère, Nariko. Son deuil est troublé par la livraison de Sunny, un robot envoyé par l’entreprise d’électroménager qui employait son mari, dans le but affiché d’apaiser sa solitude. A mi-chemin entre la dame de compagnie et l’assistante personnelle, Sunny intrigue sa nouvelle propriétaire, qui ne comprend pas le lien entre cet objet sophistiqué et les activités de son mari, qu’elle croyait spécialisé dans les réfrigérateurs.

D’abord intrusive, la présence du robot semble pourtant dérégler suffisamment de choses dans la maison et dans la tête de Suzie, pour activer une suite de découvertes et de révélations sur les véritables activités du mari decette dernière. Retenue par sa belle-mère, qui pressent les embrouilles, la jeune femme trouve l’appui d’une barmaid queer pour forcer le code source du robot.

Esthétique pop

Dans les premiers épisodes, Sunny cultive le charme des fictions lost in translation, à travers le personnage de Suzie, dont on sait peu de chose, et surtout pas ce qui l’a poussée à s’installer dans un pays dont elle ne parle toujours pas la langue, malgré son mariage avec Masa. L’état second dans lequel elle évolue, traversée de cris de douleur et de grandes rasades de whisky, donne une ambiance envoûtante, nimbée de mystère. Et la série joue avec l’idée, ludique, de faire du robot Sunny un personnage à part entière de l’intrigue.

Mais, au fur et à mesure, que celle-ci s’éclaircit, la série bifurque vers le polar à la sauce yakuza, avec son cortège de motifs pas toujours d’une grande fraîcheur, malgré le choix d’une esthétique pop aux couleurs criardes, ancrée dans le Japon d’après-guerre sous perfusion américaine. Sunny perd alors de son étrangeté, sans que le destin de Suzie nous laisse pour autant indifférent.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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