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Sur France Culture, un concert fiction nous replonge dans « L’Histoire de la Petite Sirène »

FRANCE CULTURE – À LA DEMANDE – PODCAST

Fermez les yeux et écoutez. D’abord, c’est le ressac qui vous emporte. Suivent quelques remous. Quelques mots à peine, et voilà que l’orchestre prend le relais et nous immerge tout à fait dans l’univers de La Petite Sirène, le conte d’Andersen adapté en concert fiction pour Radio France. Dans le studio 104 de la « maison ronde », en ce jour de filage, tout le monde est en place : les musiciens du Philharmonique ; la bruiteuse Elodie Fiat, assistée d’Eléonore Malo ; les comédiens et, assis sur les marches, brochure en main et concentré, Cédric Aussir.

Le réalisateur avait envie de donner à entendre une sirène impatiente d’aller voir ailleurs. Pour l’incarner, Camille Claris, qui forme, tantôt avec sa grand-mère, tantôt avec la sorcière (les excellentes Francine Bergé et Johanna Nizard), des binômes savoureux. D’ailleurs, les dialogues sont particulièrement réussis. C’est Pierre Senges (auquel on doit entre autres Les Voyages de Gulliver, réalisé par Laure Egoroff) qui s’est emparé du texte originel. Et il faut saluer ici la prouesse de l’écrivain devant la difficulté majeure de cette adaptation : comment faire entendre le personnage principal alors même qu’il devient muet à la moitié du récit ?

Plusieurs niveaux de lecture

Défi relevé haut la main, car, de cette contrainte, Pierre Senges a fait une ingénieuse richesse, imaginant des dialogues de sourds (plus que d’amour) entre un prince (étourdi du souvenir d’une belle qu’il veut se rappeler blonde) et la sirène, sans voix, qui tente de lui faire comprendre qui elle est vraiment : « C’est merveilleux/Nous sommes d’accord/Comme j’aimerais la revoir/Mais je suis devant toi », etc. Merveilleux malentendus et quiproquos aussi drôles que cruels, qui rappellent certaines comédies sentimentales des années 1930 et 1940, offrant ainsi aux auditeurs plusieurs niveaux de lecture.

Autre défi : le choix de ne pas avoir recours à un narrateur extérieur, mais de laisser entièrement la parole aux personnages : « C’est plus difficile, mais c’est mieux, surtout pour un jeune public », confie Pierre Senges. Et de préciser que chaque genre requiert des compétences ou une attention différentes − roman, livret, fiction audio : « Pour la radio, il faut bien comprendre qu’un comédien va prendre en charge votre texte et passer chaque mot au crible, il faut donc faire attention à être le plus juste et le plus précis possible. De même qu’il faut veiller à l’intention de chaque réplique et se poser les bonnes questions : Qui l’a dit ? A qui cela s’adresse-t-il ? Est-ce ironique ? Est-ce un ordre ? En général, c’est le comédien qui a raison. Si le comédien ne l’entend pas, l’auditeur ne l’entendra pas davantage. » A les entendre aujourd’hui, on se dit que c’est parfaitement réussi.

L’Histoire de la Petite Sirène, adaptation du conte d’Andersen par Pierre Senges. Réalisé par Cédric Aussir. A retrouver sur France Culture et sur toutes les plates-formes d’écoute habituelles (Fr., 2024).

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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