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Tour de France 2024 : Anthony Turgis, vainqueur du cœur sur une étape au décor de légende

Anthony Turgis mange comme trois, court comme trois, sprinte comme trois : pour lui et ses deux frères. Le vainqueur de la neuvième étape du Tour de France – dite journée des « chemins blancs » – dessinée dans le département de l’Aube, autour de Troyes, dimanche 7 juillet, est le dernier représentant encore en cuissard d’une fratrie de cyclistes bouleversée. Frappée et recomposée par des problèmes cardiaques.

Il y a d’abord eu Jimmy, le grand frère, contraint de pendre son vélo au clou en 2020. Puis il y a eu le petit dernier, Tanguy, plus jeune coureur de l’après-guerre à terminer Paris-Roubaix, en 2018, et forcé de prendre sa retraite. La maladie, potentiellement très grave pour un sportif de haut niveau, est héréditaire. Anthony, le frère du milieu, s’est posé des questions. Mais il a été épargné. Des trois coursiers Turgis, tous originaires de Linas, dans l’Essonne, il est le plus renfermé. Le regard ailleurs. Non pas dans un vague à l’âme, mais tiré vers un horizon lointain, indifférent aux gens qu’il croise.

« Mes frères vivent à travers moi, j’avais un frère dans chaque jambe aujourd’hui », déclare Anthony Turgis, 30 ans, coureur du Team Total Energies après son sprint victorieux ce dimanche, devant le Britannique Tom Pidcock (Ineos-Grenadiers), le Canadien Derek Gee (Israel-Prmier Tech) et autres compagnons d’une échappée partie à 156 kilomètres de l’arrivée. Pour cette journée de panache, il avait remis son destin au bon vouloir des « planètes ».

Grandes gerbes de poussière

C’est son père qui le confie, Rémy, venu assister à cette étape avec sa mère, Valérie. La voiture familiale était garée au bord d’une de ces sentes sans bitume, toute en calcaire broyé, en graviers perfides qui faisaient le rythme et la poésie de cette étape inédite dans l’histoire récente du Tour de France. Les organisateurs avaient excavé 32 kilomètres de ces chemins, tantôt viticoles, tantôt agricoles, dans la Champagne luxuriante, dans de grandes gerbes de poussière.

« Nous, on a toujours pensé qu’il pouvait gagner une étape comme celle-ci, expliquent les parents au téléphone, conduisant d’un œil, scrutant le GPS de l’autre, pour rejoindre l’arrivée et enlacer leur cadet. C’est une étape dans le style du cyclo-cross ou de Paris-Roubaix, les courses de sa jeunesse, celles qu’il adore. Mais, comme dit Anthony, il fallait encore que les planètes soient alignées ».

Volant à basse altitude sous les radars médiatiques, Anthony Turgis est une valeur sûre des classiques du printemps. Trois fois dans les dix premiers de Milan-San Remo, deux fois placé dans le Tour des Flandres, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège en espoirs, qui s’achevait alors sur un vélodrome en béton. Acrobate sur les terrains les plus hostiles, rapide au sprint et d’une ténacité que les drames familiaux n’ont fait que renforcer, le Francilien « tournait autour » d’un succès majeur depuis quelques années.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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