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Tour de France : Philipsen à la recherche du facteur réussite

Favori à sa propre succession pour le maillot vert de la Grande Boucle, le Belge a flirté avec la victoire à plusieurs reprises sans réussir à la décrocher.

Chute, deuxièmes places et déclassement, Jasper Philipsen a presque tout connu lors de cette première semaine du Tour mouvementée. Seule la victoire le fuit, lui l’homme aux quatre bouquets l’an passé. Au sein de la formation Alpecin-Deceuninck, la mayonnaise – qui avait pris en 2023 – n’a pourtant pas changé de recette. Le vice-champion de Belgique sur route est entouré d’équipiers à son service et d’un poisson pilote de renommée mondiale en la personne de Mathieu Van der Poel.

Les deux hommes parlent la même langue – celle du cyclisme – et entretiennent une relation privilégiée. «J’aime travailler et rouler avec lui (Jasper), comme dans les classiques, on s’entend bien. Il me fait confiance et suit ma roue, ça me facilite le travail», a lancé le petit-fils de Raymond Poulidor mardi soir. Lucide, «VDP» n’a pas perdu son objectif principal. Celui de lancer Philipsen vers la victoire : «Demain (mercredi), ce sera une nouvelle opportunité pour nous, on est motivés pour gagner. Lundi, on n’a pas eu trop de chance, avec ma crevaison et la chute de Jasper.»

Un premier succès enlevé par Cavendish

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le rouleau compresseur Alpecin s’est mis en ordre de marche, mercredi, à l’approche de Saint-Vulbas – ville d’arrivée de la 5e étape. Mais un os nommé Mark Cavendish a contrecarré les plans de Jasper Philipsen. Dans un style qui le caractérise, le coureur d’Astana s’est dressé sur les pédales pour couper la ligne en tête. Un effort brusque de quelques mètres, qui a surpris tout le monde, synonyme de record.

À 39 ans, le Britannique a signé sa 35e victoire sur la Grande Boucle devançant ainsi d’une unité Eddy Merckx. «Félicitations Mark pour cette prestation historique. Un bon gars qui a battu mon record sur le Tour», a commenté le quintuple vainqueur du Tour en grand seigneur après la performance du Sir. Le «Cannibale» n’a pas été le seul à réagir à ce moment d’histoire. Jasper Philipsen – battu à la pédale – s’est montré bon joueur. «Je ne sais pas si Cavendish était le plus rapide et si je pouvais le devancer, mais j’ai été battu à la régulière. Il mérite sa victoire, a-t-il confié sans s’éterniser sur la question. Son record ? Il y est parvenu, c’est l’information la plus importante de la journée.»

Philipsen, repris par la patrouille

Frustré de sa deuxième place de la veille, le vice-champion de Belgique comptait bien remettre les pendules à l’heure jeudi lors de la sixième étape entre Mâcon et Dijon. Mais sa dangerosité – qui lui a valu bon nombre de plaintes par le passé – est remontée à la surface. Son homologue belge Wout van Aert en a fait les frais. «J’ai encore été enfermé par Jasper Philipsen, c’est l’une de ses mauvaises habitudes. Il m’a senti et est allé vers les barrières, ce n’est pas professionnel» a confié le coureur de la Visma Lease a Bike. Une soif de victoire non contrôlée qui a valu à Philipsen un déclassement et une perte de 13 points pour le classement du maillot vert suite à la décision unanime du jury.

Une sanction, d’abord, acceptée par le principal intéressé, qui avait une nouvelle fois terminé deuxième : «Le jury a estimé que mon comportement du jour était dangereux, et je suis sûr que cela a été décidé en toute bonne conscience.» Une réponse à chaud qui a laissé place au désarroi. «C’était une sérieuse accumulation de déprimes, vous pouvez le dire. À aucun moment, je n’ai eu l’intention de mettre en danger un collègue. C’est pourquoi ces décisions m’ont frappé si durement. Je me sens visé. Des choses bien pires se sont produites dans le passé, s’est attristé Philipsen dans les colonnes du Het Belang van Limburg . Jusqu’à présent, j’ai sprinté purement instinctivement. Je crains que cela ne devienne plus difficile et que je doive devenir plus conscient de mes mouvements lors d’un tel sprint final.»

Touché mais loin d’être coulé

C’est le moral en berne que le quadruple vainqueur d’étapes 2023 est remonté sur son bolide à deux roues. Samedi à Colombey-les-deux-Eglises, le Belge a échoué une nouvelle fois à la deuxième place au terme d’une arrivée en faux plat montant. Tête d’affiche l’an passé, il semble être destiné à jouer les seconds rôles. Une place de dauphin, qu’il compte bien laisser vacante. «Il reste encore cinq occasions pour les sprinteurs et donc beaucoup de points à gagner. Girmay va très bien, mais quelque chose peut toujours arriver», a-t-il déclaré avec optimisme.

Pour espérer récupérer son bien, acquis l’an passé, Philipsen va devoir se déployer face à la rude concurrence présente lors de cette 111e édition. L’actuel porteur de la tunique verte – Biniam Girmay – a fait de ce maillot une priorité. «Au début du Tour, le maillot vert n’était pas un objectif, maintenant il l’est à 100%», a annoncé l’Erythréen. Après une première semaine âpre, la lutte pour le classement par points risque bien de s’intensifier avant l’arrivée finale à Nice le 21 juillet prochain. En quête de réussite, Philipsen aura l’occasion dès mardi – entre Orléans et Saint-Armand-Montrond (10e étape) – de retrouver des couleurs. Le vert en ligne de mire.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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